Question ouverte s’il en est. Voici quelques réflexions …:heu!:
A l’instar de Bertrand, peut-on dire de Koh-Lanta, que « … c’est un truc d’homme … » ? Je ne vois pas de misogynie dans ses propos. Dans son esprit, cela signifie que KL est dur (dans les jeux et la survie) et que les femmes sont moins bien armées que les hommes (voir même qu’elles ne s’y comportent pas aussi bien …). De là à dire qu’elles n’y ont peut-être pas leur place ... Aie !

Déjà, que de questions (et un brin de provoque volontaire). Commençons par le début : est-ce vrai que les femmes sont moins bien armées (on décidera après ce qu’il convient d’en faire, si tant est qu’on ait le moindre pouvoir de changer quelque chose ici bas) ?
Prenons
la survie.

Globalement, les filles ne brillent pas en survie et ne se battent visiblement pas pour ce point (quelques exceptions sporadiques malgré tout, dont cette année).
En chasse ou en pêche, les filles sont quasi inexistantes (et que l’on ne réponde pas que c’est parce que les hommes monopolisent le fusil sous-marin !). On a pourtant vu (cette année aussi ; décidément, quelque chose aurait changé dans le recrutement ?) les filles rouges pêcher anecdotiquement au filet, mais sans grande persévérance (sinon, on en aurait vu les images). Gaëlle et Marie de KL6 ont bien fabriqué un piège à poule, mais sans aucun succès, avant que Catherine ne reprenne le truc et n’y apporte son efficace touche personnelle. L’exception confirme la règle.
Beaucoup d’amateurisme (ce en quoi on ne peut en rien leur en vouloir), mais plus grave : trop peu de persévérance chez les filles.

Les hommes font-ils mieux ? Eh bien, on les voit justement s’escrimer sous l’eau à ramener du poisson (Patrick et Kévin de l’année passée n’étaient pas des pros), sur terre et en haut des arbres pour cueillir les cocos. Tenez, au lieu de voir Régis sur les épaules d’Hakim en train de sabrer des branchages (ou des noix justement), j’aurais aimé voir des filles le faire. Mais de cela point. Pire, on donne toute sa bouffe pour quelques lettres, au risque de vivre des lendemains faméliques (pour rappeler encore KL6).

Reste
la cueillette (moins noble et valorisante, mais toute aussi essentielle). Il est bien difficile d’en parler. Malgré le peu d’images que l’on en a (et pour cause), ce domaine semble assez bien réparti. Maryline de KL7, super-Charlène de cette année, nous montrent qu’elles ne sont pas en reste de ce côté là. Bravo !
Au camp. Pour la construction de la cabane, autant dire que les hommes sont omni-présents. Les femmes prétendent ne pas vouloir gêner ( !?! ) et rares sont celles, comme Filomène KL7, qui prennent l’initiative. Alors, comme dit Christelle : « … pourquoi pas nous aussi ? », ou mieux, les « … on est capable de faire se qu’ils font … » de Nathalie KL6. Eh bien, oui Christelle : on t’attend (encore) et toutes les autres avec.
Au bois également, les Pascale de KL7 (à charrier du tronc pour le feu, ou plus simplement à la coupe) sont bien trop rares. Cela changerait de la cuisine et de la vaisselle, où les hommes les relèguent par machisme, ou bien simplement parce que les femmes s’y complaisent par attentisme endémique et stratégie. Bref, des tâches mieux réparties mettraient au moins d’avantage tout le monde sur un pied d’égalité. Mais réparties comment ? Et qui le veut réellement ? Les hommes, trop contents de pouvoir virer en premier les plus faibles (les femmes) et se la jouer ensuite entre eux, sous prétexte qu’en ce début d’aventure d’avant réunification, ils sont les plus forts physiquement (dans des jeux qui le réclament) ? Les femmes, trop contentes de voir s’échiner les males et de gagner du temps en leur donnant le change et en attendant des jours meilleurs où elles pourront tirer leur épingle du jeu ?
Physiologiquement les femmes ont moins de dépenses énergétiques que les hommes et de fait durent plus longtemps dans l’effort. Est-ce la raison de cette attitude souvent attentiste des femmes : attendre la faiblesse et l’épuisement de l’autre ? Une chose est sure, si l’effort n’est pas plus équitablement réparti, les dissensions ne sont pas prêtes de disparaître et le verdict de la balance de statuer toujours immanquablement : - 15 kg pour les hommes, -7 kg pour les femmes. Qui est le plus affaibli et avec le moins de ressources au bout des 40j ? Celui qui en a perdu 15 ? Ou celle qui en a perdu 7 ? Il y a, à l’évidence, une inégalité naturelle et une inégalité alimentaire encore plus grande à gérer (car les rations alimentaires sont semblables pour tout le monde et d’ailleurs impossible de faire autrement).
Les jeux. On l’a déjà dit, la première partie de KL, plus en force physique, est significative : on voit souvent les femmes courir à côté de leurs équipiers … qui portent. La question n’est pas d’aller contre nature et de leur demander d’être aussi fortes, mais d’aider de son mieux comme le font certaines, pas plus trapues que les autres. Si celles-là le peuvent, les autres aussi. La seconde partie de KL présente des jeux, plus en rapport avec le physique féminin, mettant en jeu l’endurance (paresseux, koalas, …), l’adresse et parfois la chance (tir à l’arc, envoi de poids sur cible, …), ou enfin l’équilibre. Pour masquer le déséquilibre des performances physiques, la prod fait même parfois naître des jeux spécifiques avec manche femmes et manche hommes, finale mixte sur un critère commun d’équilibre ou d’adresse.
Voilà bien le cœur du sujet. L’idée n’est pas de remplacer les males (l’ego des aventuriers et du téléspectateur, y perdrait trop de plumes), mais de voir les aventurières là où on ne les attend pas, de les voir réellement épauler les garçons, se débrouiller toutes seules, montrer qu’elles sont capables de faire au moins aussi bien qu’eux (d’où l’intérêt du début de KL4, avec une équipe totalement hommes contre équipe de femmes, voir même l’intérêt d’un KL unisexe de femmes seules).
Pout tout dire, songez Mesdames que je vous rêve plus volontaires et conquérantes, à une place plus valorisante.
